Economie Politique Ontologique

A travers ce projet, nous explorons les conséquences de ce que l’on appelle couramment le « tournant ontologique » sur les fondements et les contours de l’économie politique. Ce « tournant ontologique » peut être définit comme le renouveau d’intérêt pour la question de l’être, de sa substance, dans les disciplines philosophiques et anthropologiques contemporaines. Cet axe de recherche prend source dans plusieurs variations de ce tournant ontologique. Dans ces manifestations philosophiques à partir notamment du réalisme spéculatif (Meillasoux, 2007), de la question des ontologies plates (Garcia, 2012) ou du réalisme modal (Lewis, 2007). Dans ces manifestations anthropologiques telles qu’elles sont exposées par l’anthropologie contemporaine (Descola, 2005 ; Viveiros de Castro, 2012) ou par l’anthropologie des sciences (Latour, 2012). Enfin, à partir de ses manifestations concrètes et politiques au travers de la mise en place de nouvelles constitutions politiques dans l’Amérique andine d’aujourd’hui (Bolivie et Equateur notamment), où certains non-humains (forêts, rivières, nature, organismes, êtres possibles,…) accèdent à des formes de « citoyenneté » pleines, deviennent des entités politiques, ont des droits, deviennent des sujets, etc. Il nous semble que toutes ces variations visent à décentrer l’anthropos du système social, en questionnant les discontinuités classiques entre humains et non-humains.

Qui est sujet, qui est objet lorsque l’on conçoit les forêts comme des humains, les êtres possibles comme des citoyens, les objets comme des sujets? En redessinant ces discontinuités, c’est tout le rapport, réflexif de l’un envers l’un, et de l’un envers l’autre qui est bouleversé.

Que deviennent dès lors les contours de l’individualité et du social lorsque les définitions classiques de l’humain et du non-humain sont reconfigurées ? Pour quelles entités devons-nous faire de l’Economie Politique ? Comment se requalifient les entités matérielles et immatérielles du monde ? Quelles implications sur l’échange, les institutions et sur l’Etat ? En quoi les principes d’équité, d’égalité, de justice, de développement sont-ils bouleversés ? Quelles entités sont qualifiées à être sujet de rationalité, de passions ou d’altruisme ?

Enfin, un volet méthodologique est également exploré dans ce projet. Nous analysons notamment les différentes méthodes philosophiques et empiriques qui peuvent être mobilisées lorsque l’on travaille avec des ontologies pauvres, plates ou avec des cosmologies.

Nous mettons à disposition un certain nombre d’articles et de données concernant cet axe de recherche ici.

Equipe : Diego Landivar et Emilie Ramillien.

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